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Un excellent professeur peut avoir une influence décisive sur un futur peintre : tel fut le cas de Gérard BONTEMPS, natif du Petit Quevilly et dont les études au lycée Corneille de Rouen l’amenèrent à bénéficier de l’enseignement de ce beau peintre qu’est Henry SERGENT, l’une des stars de la peinture normande des années 40.

C’est ainsi, que Gérard Bontemps put entrer à l’Ecole des Beaux Arts, à l’Aître Saint Maclou et devenir l’artiste de talent dont les oeuvres honorent les salons et galeries de notre région.

Avant tout, cet artiste est un peintre-bâtisseur, qui, au gré de couleurs souvent inédites, se joue des atmosphères, des plus chaleureuses aux plus sobres dans une impression quasi pathétique créée par nombre d’objets souvent familiers. Gérard BONTEMPS maîtrise les effets de lumière avec une science accomplie et compose, ordonnance et diversifie les éléments les plus simples tout en maintenant un charme étrange et fascinant dû à sa façon solidement assurée de placer sur la toile le motif où alternent charme et assurance. Jamais de vains répétitifs chez Gérard BONTEMPS mais une connaissance volontaire des valeurs et de l’équilibre dans une suite d’oeuvres où se marque et se singularise une personnalité enthousiaste et créative, aussi fidèle dans le style qu'en amitié puisque cet artiste expose très régulièrement depuis 1985 à la galerie rouennaise Gérard Boudin..

André RUELLAN, critique d’art
www.art-culture-france.com
2004


Bontemps : méfiez-vous des apparences

Un thème, tenace (mais pas unique), une vision multiple malgré l'apparence : la peinture de Bontemps ne se mesure pas au coup d'oeil rapide.

Sous sa répétitivité révélée, (admise), elle bouge. Le peintre aime, de plus en plus, décliner son thème de nature morte à travers une vision cubiste et naturaliste. Entre l'effet et le réalisme, il glisse des pièges pour l'oeil, des pièges pour lui-même et le jeu consiste à n'y point tomber.

Futé, audacieux ? Bontemps multiplie les points de vue (version cubiste, donc) et les espaces. Il joue avec comme il met dans ses lumières des incidences révélatrices, inventées exprès. L'espace morcelé à la fois dans le plan et dans la profondeur, la couleur jouant à la fois dans une certaine réalité et dans une mise en lumière conquérant de nouveaux espaces, on n'en finirait jamais si Bontemps, justement, ne savait mettre un terme au jeu. S'il ne savait surtout chercher la sortie, s'il ne voulait découvrir l'échappée. Ce sera peut-être dans la composition en croix, dans la vigueur jaune des éclats neufs, dans des thèmes qui reviennent entre les natures mortes, Venise au crépuscule, Florence au matin, un homme solitaire.

La peinture de Bontemps est massive et forte de sa présence terrienne. Elle reste quelque peu magique parce que le réel bascule sous nos yeux, parce qu'il y a toujours (ou presque, il faut faire la part des erreurs dans un ensemble trop copieux), une déviance dans la forme, un éclat dans la lumière, une astuce dans la composition qui installent une différence. "La Carafe Verte" n'a rien de réaliste.

Par là s'enfuit l'apparence...

Roger BALAVOINE, critique d'art
Paris-Normandie, 27 oct. 1989